Les Vivalistes, épisode #3 – « Apprendre à devenir terriens »

Sillonnant les routes de France à la rencontre des « organisations vivantes », Agathe et Baptiste ont fait escale à l’Oasis de Serendip une première fois l’été dernier, et sont revenus quelques jours avant le confinement, le temps d’une interview avec Samuel. Faire seul ou ensemble ? Autonomie ou interdépendance ? Calez vous bien dans votre canapé ou votre fauteuil, et laissez-vous embarquer…

Lien vers la page du podcast : https://podcast.ausha.co/les-vivalistes/les-vivaliste-episode-3-l-oasis-de-serendip

« Dans ce troisième épisode, on vous partage notre rencontre pré-confinement du mois de février avec Samuel Bonvoisin, l’un des membres fondateurs de l’Oasis de Serendip dans la Drôme.

Créé en 2015, ce projet collectif est un lieu d’accueil, d’expérimentation et de transmission autour de la permaculture et du vivre ensemble. Aujourd’hui, après 5 ans d’activité intense, le collectif s’est dissout et l’oasis est en pause. 

Dans ce podcast, Samuel nous raconte son histoire et celle de l’oasis de Serendip. Il nous explique ce qu’est la permaculture humaine, ce qu’il a appris de la gestion d’un collectif ou encore comment votre potager peut être la porte vers une nouvelle manière de penser votre monde.

Nous abordons également des thèmes comme la complexité du vivant, le deuil d’un monde qui n’existe plus, l’importance des imaginaires et l’autonomisation de notre manière de penser. »

Pour en savoir plus sur la démarche d’Agathe et Batpiste, et découvrir tous leurs podcasts, vous pouvez visiter leur page Facebook, ou leur compte Instagram !

Note of intent: Strike while the iron is hot: And if we took advantage of the post-confinement period to give a boost to the transition movement ? (document under construction, version of March 27, 2020)

->En français<-

Link to the pad : https://pad.gresille.org/p/9fsv-apres-confinement?lang=fr

To prevent the after-confinement period from returning to « Business as usual », let’s meet locally for a GREAT WORLD COMMEMORATION AND CLEBRATION ON OVERSHOOT DAY, (around) JULY 29, 2020


Contextual elements

There seems to be a general consensus around the fact that containment represents a unique moment in recent human history for developping awareness of the consequences of entering the Anthropocene.

In addition to forcing the sidestep that many of our contemporaries needed to step back and start to come out, for some of the denial or for others of the amazement, it tends to « synchronize » the energies, both within societies, and even globally.

We don’t know if this kind of event will happen regularly or not, or if so, for how long. How then to use the period to push this suddenly created « advantage », and try to advance even further both the awareness, the human support that this requires, and also the concrete implementation of initiatives of transition, prefigurations of the post-modern era to which we aspire?

The trigger

Edgar Morin sums it up very well: “This world is not finished, it will fidget again; after confinement a temporary economic boom will reassure him. Only a new citizen movement animated by a strong thought and a lucid conscience can open the way to a new world. « 

Chick?

The basic elements of a strategy:

• Allox people to meet at the hyper-local level (resilience)
• Strike imaginations at the global level (only relevant scale), offer a « powerful » story (Cyril Dion, Pablo Servigne) – based on a few concepts that « speak », including by diverting current codes of society.

What ?

By taking up the codes of the national commemorations (remembrance, memory), but also of festivities (popular culture, celebration), the idea is to rely on « Overshoot Day » (Towards the end of July), because it highlights the concepts of biocapacity (and therefore planetary limits), and ecological footprint (and therefore the link with our lifestyles). This date also has the immense advantage of being « planetary », which makes it possible to imagine arousing the desire for humans from other regions of the world to join this initiative.

How ?

   1. The commemoration ceremony
    By organizing a commemoration ceremony in public places in all districts and villages:

    human victims of ecological and climatic disorders since the beginning of the Anthropocene

human victims of capitalism and modern thinking
    non-human victims of ecological and climatic disorders, and in particular of extinct or endangered species
    degraded landscapes, razed forests, plundered resources
    of our children, grandchildren and great grandchildren, who will be victims of these disorders anyway.

2. The citizen agora

This ceremony will be followed by an agora, a space for meeting and dialogue between citizens, around 3 inseparable dimensions:

 -> Face reality. Talk about what is difficult to face, individually and collectively. Leaving the modern era, entering the Anthropocene, « landing » (Bruno Latour), etc. it is about COLLECTIVELY TAKING IN HAND THE AWAKENING OF OUR CONSCIENCES, which has become necessary and urgent. We can rely on testimonies, stories, mobilize artists, storytellers, etc.
 -> Take care of our humanity in transition. Let those who have crossed the threshold put themselves at the service of those who are still in denial, dumbfounding, flight, anger, etc. It’s about TAKING CARE OF OTHERS, because we don’t experience it all the same way, and we need as many humans as possible to do it. We can mobilize facilitators, therapists, capable people, a lot of empathy, etc.
 -> ORGANIZE LOCALLY TO TAKE OUR RESPONSIBILITIES. Establish all forms of cooperation, mutual aid, serving the construction of tomorrow. Convene the non-human, set up local « natural contracts » from an inventory of the commons. We can mobilize the actors of the transition, peasants, solidarity businesses, etc.

3. The great celebration of Earth and local singularities
This day, which will take place simultaneously all over the planet, will continue in the evening with festivities celebrating Earth and highlighting the diversity of local cultures (CELEBRATING OUR DIFFERENCES).

Display a common ambition, develop the earth identity

The idea is also to #MoveTheDate of Earth Overshoot Day : this means that by participating in such a dynamic we give substance to an engagement

Note d’intention : de l’art de battre le fer tant qu’il est chaud : et si on profitait de la période post-confinement pour donner un coup de « boost » à la transition ? (document en construction, version du 27 mars 2020)

-> English here <-

Lien vers un pad pour apporter des modifs en direct : https://pad.gresille.org/p/9fsv-apres-confinement?lang=fr

Pour qu’après le confinement nous ne revenions pas au « Business as usual », retrouvons-nous localement pour une GRANDE JOURNÉE DE COMMÉMORATION MONDIALE LE JOUR DU DÉPASSEMENT, (autour du) 29 JUILLET 2020

Éléments de contexte

Il semble y avoir un consensus général pour dire que le confinement représente un moment unique dans l’histoire récente de l’humanité autour de la question de la prise de conscience des conséquences de l’entrée dans l’anthropocène.

En plus de créer le « décalage » dont beaucoup de nos contemporains avaient besoin pour prendre du recul et commencer à sortir, pour les uns du déni ou pour d’autres de la sidération, il tend à « synchroniser » les énergies, à la fois à l’intérieur des sociétés, et même à l’échelle mondiale.

Nous ne savons pas si ce genre d’événement se reproduira régulièrement ou non, ni, si c’est le cas, dans combien de temps. Comment dès lors utiliser la période pour pousser cet « avantage » soudainement créé, et tenter de faire avancer encore plus loin à la fois la prise de conscience, l’accompagnement humain que cela nécessite, et aussi la mise en place concrète d’initiatives de transition, préfigurations de l’ère post-moderne à laquelle nous aspirons ?

Le déclencheur

Edgar Morin le résume très bien : « Ce monde n’est pas fini, il va gigoter encore ; après le confinement un boom économique provisoire le rassurera. Seul un nouveau mouvement citoyen animé par une pensée forte et une conscience lucide pourra ouvrir le chemin d’un monde nouveau. »

Chiche ?

Les éléments de base d’une stratégie :

• Se retrouver au niveau hyper-local (résilience)
• Frapper les imaginaires au niveau global (seule échelle pertinente), proposer un récit « puissant » (Cyril Dion, Pablo Servigne) – en s’appuyant sur quelques notions qui « parlent », y compris en détournant les codes actuels de la société.

L’idée

En reprenant les codes de la fête nationale du 14 juillet, jour de commémoration (recueillement, souvenir, mémoire), mais aussi de festivités (culture populaire, joie, célébration), l’idée est de s’appuyer sur « le jour du dépassement » (vers la fin juillet), car il met en avant la notion de biocapacité (et donc de limite planétaire), et celle d’empreinte écologique (et donc de lien avec nos modes de vie). Par ailleurs, pour les français, les dates sont assez proches pour que le parallèle soit facile à faire pour tout un chacun. Cette date présente aussi l’immense intérêt d’être « planétaire », ce qui permet d’imaginer de susciter l’envie pour des humains d’autres régions du monde de rejoindre cette initiative.

Comment ?

  1. La cérémonie de commémoration
    En organisant dans des lieux publics de tous les quartiers et villages une cérémonie de commémoration (FAIRE MÉMOIRE ENSEMBLE) en l’honneur :
  • des victimes humaines des désordres écologiques et climatiques depuis le début de l’anthropocène
  • des victimes humaines des inégalités sociales et de l’exploitation engendrées par le capitalisme
  • des victimes non-humaines des désordres écologiques et climatiques, et particulièrement des espèces disparues ou en voie de disparition
  • des paysages dégradés, forêts rasées, ressources pillées
  • de nos enfants, petits-enfants et arrières-petits enfants, qui seront de toute façon victimes de ces désordres.

2. L’agora citoyenne

Cette cérémonie sera suivie par une agora, espace de rencontre et de dialogue entre citoyens (LIBÉRER LA PAROLE), autour de 3 dimensions indissociables :

  • Regarder la réalité en face. Parler de ce qu’il est difficile d’affronter, individuellement et collectivement. Sortir ensemble de l’ère moderne, entrer dans l’anthropocène, « atterrir » (Bruno Latour), etc. il s’agit de PRENDRE COLLECTIVEMENT EN MAIN L’ÉVEIL DE NOS CONSCIENCES, ce qui est devenu nécessaire et urgent. On peut s’appuyer sur des témoignages, des récits, mobiliser des artistes, des conteurs, etc…
  • Prendre soin de notre humanité en transition. Que ceux qui ont franchi le cap se mettent au service de ceux qui sont encore dans le déni, la sidération, la fuite, la colère, etc. Il s’agit de PRENDRE SOIN LES UNS DES AUTRES, car nous ne vivons pas tout cela de la même manière, et que nous avons besoin que le plus grand nombre possible d’humains s’y mette. On peut mobiliser des facilitateurs, des thérapeutes, des personnes capables, de beaucoup d’empathie, etc.
  • S’ORGANISER AU NIVEAU LOCAL, AFIN DE PRENDRE NOS RESPONSABILITÉS. Mettre en place toutes formes de coopération, d’entraide, au service de la construction de demain. Convoquer le non-humain, mettre en place des « contrats naturels » locaux à partir d’un état des lieux des communs. On peut mobiliser les acteurs de la transition, les paysans, les entreprises solidaires, etc.

3. Un grande fête pour célébrer la Terre et les singularités locales
Cette journée qui se déroulera simultanément partout sur la planète se poursuivra en soirée par des festivités pour célébrer la Terre, ses habitants (humains et non-humains), et mettre en avant la diversité des cultures locales (CÉLÉBRER NOS DIFFÉRENCES).

Afficher une ambition commune, développer l’identité terrienne

L’enjeu in fine est aussi de « repousser la date du dépassement » : cela veut dire qu’en participant à une telle dynamique nous donnons de la consistance à un engagement de chacun envers la communauté terrienne : participer à l’effort commun pour repousser la date du dépassement. Qui sait, cela nous permettra peut-être ainsi de mesurer, d’année en année, le chemin parcouru collectivement, et, en déplaçant la date de notre célébration planétaire, d’avoir de nouvelles raisons de célébrer !

Avec le Vivant #0 – la dernière chaîne avant de débrancher Youtube

TEASER – Lancement de la chaîne La Nature En (Pleine) Face

Pour ne rien rater du lancement de la chaîne :

Abonnez-vous en cliquant sur le bouton sous la vidéo :

Pour m’aider sur Tipeee : https://fr.tipeee.com/la-nature-en-face

Je m’appelle Samuel Bonvoisin, je suis agronome, consultant et formateur en permaculture, et je te donne rendez-vous le 24 mars prochain pour le lancement de ma chaîne « Avec le Vivant ».

Un ingénieur en panne de solutions…

Lorsque j’ai terminé mes études d’ingénieur, il y a environ 12 ans, j’étais clairement resté sur ma faim. Si être ingénieur c’est être formé pour trouver des réponses aux problèmes rencontrés par la société, je me retrouvais dans une situation qui me laissait totalement impuissant :

→ d’une part, les enjeux planétaires me semblaient largement sous-estimés, quand ils n’étaient pas complètement niés. Comment s’attaquer à la résolution de problèmes lorsque ceux-ci sont invariablement minimisés, ou considérés comme des lubies d’écologistes ?

→ d’autre part, tout le modèle de pensée sur lequel s’appuyait ma formation était basé sur une vision mécaniste de la nature, vécue comme une sorte de gros gâteau que les humains pourraient se partager pour mieux pouvoir le maîtriser (nos fermes ne sont-elles pas devenues des « exploitations » agricoles?)

Impossible de concevoir des solutions durables dans un tel contexte ! Tout au plus aurais-je pu participer à quelque programme de green-washing.

Quelques mois plus tard, je découvrais l’intuition géniale de la permaculture. Et si c’était précisément la nature qui nous montrait la voie ? Après 3,8 milliards d’années de recherche et développement, ce qui a échoué est devenu fossile, et ce qui nous entoure représente le nec plus ultra, la fine fleur de ce qui « marche » et qui est compatible avec les limites de la planète. Apprendre de la nature, la copier, s’en inspirer. Quel programme génial ! Depuis ce moment j’ai tiré le fil, commencé à le mettre en pratique, dans ma vie, dans mes projets, et puis à transmettre, notamment depuis 3 ans et demi à travers des formations de permaculture.

Youtube, or not Youtube ?

Vous êtes nombreux, depuis 3 ans et demi, à l’occasion de conférences, de formations de permaculture ou de visites guidées de l’Oasis de Serendip, à me suggérer de créer une chaîne vidéo pour partager mes réflexions et faire connaître plus largement la permaculture. Au début, l’idée m’a paru singulière : sérieusement ? moi ? Sur Youtube ?

Comme tu vas le découvrir dès les premières vidéos de cette chaîne, choisir de diffuser des vidéos sur Youtube quand on parle de permaculture est pour le moins paradoxal. Des questions éthiques se posent immédiatement :

→ d’une part les pratiques des GAFAS, qui ne respectent pas la liberté des utilisateurs d’internet, et en en menacent même sérieusement les fondements.

→ et d’autre part le coût écologique exorbitant d’internet, et particulièrement du streaming vidéo.

Et puis l’idée a fini par faire son chemin : de quel meilleur outil disposons nous aujourd’hui que Youtube pour partager à grande échelle des messages qui pourraient nous permettre de sortir de l’impasse dans laquelle nous sommes plongés ? Alors j’ai décidé de me lancer, quitte à ce que cette chaîne soit la dernière que vous regardiez avant de débrancher Youtube et de vous tourner définitivement vers des alternatives low-tech et distribuées. Je te met quelques liens pour en savoir + sous la vidéo*. Je reparlerai de ce sujet !

Témoignage

Je crois en la force du témoignage. Mon intention à travers cette chaîne est de prolonger le travail de témoignage entamé il y a plus de 10 ans à travers mes engagements au service de la transition. Parler de la permaculture, bien sûr, mais surtout sous l’angle de cette nécessaire transformation de nos manières d’être au monde, de nos manières d’être vivants.

Petite précision utile : cette chaîne parlera de permaculture donc, mais très peu de jardinage. D’abord parce que plusieurs personnes se sont déjà attelées à cette tâche, mais aussi parce que le temps est venu de sortir la permaculture du potager, et d’utiliser la puissance de ses outils pour repenser totalement tous les aspects de nos modes de vie : l’agriculture évidemment, mais aussi l’économie au sens large, l’éducation, la santé, la démocratie…

Rendez-vous le 24 mars !

* Sources :