2022 : une année pour porter des projets qui nous rendent heureux ?

S’il y a bien un point commun entre une grande partie des personnes qui s’intéressent à la permaculture, c’est le fait d’aspirer à des changements profonds, et d’avoir envie d’être actrices de ces changements. De fait, l’immense majorité d’entre nous se définit comme étant « en transition » – tantôt personnelle, tantôt professionnelle, souvent même les deux. 

Pour nous aussi, individuellement et collectivement, cette thématique de la transition est cruciale dans nos parcours. Alors on a décidé de placer ce début d’année, souvent synonyme de bilan, de moment où l’on fait le point et où on l’on prend parfois des engagements avec soi-même, sous le signe du « design de vie », en organisant une conférence interactive sur ce thème jeudi prochain sur le Campus (gratuite, ouverte à tou.te.s sur inscription) , et en proposant une offre spéciale sur notre cours en ligne « Piloter sa vie et ses projets avec la permaculture humaine » : 100€ de remise (valable jusqu’au 23 janvier à minuit) et un cycle d’accompagnement sur 6 semaines.

Mais qu’est-ce qu’on entend par « design de vie » ? Comme c’est une notion un peu obscure, et que le lien avec la permaculture n’est pas toujours bien compris, on a pris quelques minutes, confortablement installés dans le salon d’Antoine, pour vous en parler.

Si vous souhaitez vous lancer dans la réalisation de votre design de vie, n’hésitez pas à vous appuyer sur ce petit guide (le document dont nous parlons dans la vidéo), extrait de la formation en ligne, qui présente les principales étapes. Vous pouvez aussi consulter notre blog, et vous inscrire à notre groupe Facebook dédié au sujet.

-> Je veux m’inscrire à la conférence interactive du 13 janvier 2022

-> Je veux en savoir + sur le cours en ligne « Piloter sa vie et ses projets avec la permaculture humaine » et l’offre spéciale de début d’année (valable jusqu’au 23 janvier à minuit). 

Et si nous décidions de fêter le jour du dépassement ?

Ce 29 juillet, l’humanité a déjà consommé pour 2021 l’ensemble des ressources que la Terre peut régénérer chaque année. Et si cette date du dépassement (qui peut être différente d’une année sur l’autre) devenait une occasion pour les humains de se retrouver et de célébrer ? L’idée vous semble absurde, ou saugrenue ? Elle ne l’est peut-être pas tant que ça…

D’où vient cette idée ?

Il semble y avoir un consensus général pour dire que la crise sanitaire liée au COVID-19 représente un moment unique dans l’histoire récente de l’humanité autour de la question de la prise de conscience des conséquences de l’entrée dans l’anthropocène.

En plus de créer le « décalage » dont beaucoup de nos contemporains ont besoin pour prendre du recul et commencer à sortir, pour les uns du déni ou pour d’autres de la sidération, il tend à « synchroniser » les énergies, à la fois à l’intérieur des sociétés, et même à l’échelle mondiale.

Nous ne savons pas si ce genre d’événement se reproduira régulièrement ou non, ni, si c’est le cas, dans combien de temps. Comment dès lors utiliser la période pour pousser cet « avantage » soudainement créé, et tenter de faire avancer encore plus loin à la fois la prise de conscience, l’accompagnement humain que cela nécessite, et aussi la mise en place concrète d’initiatives de transition, préfigurations de l’ère post-moderne à laquelle nous aspirons ?

L’intention

Edgar Morin, qui fêtait récemment ses 100 ans, en parle très bien : « Ce monde n’est pas fini, il va gigoter encore ; après le confinement un boom économique provisoire le rassurera. Seul un nouveau mouvement citoyen animé par une pensée forte et une conscience lucide pourra ouvrir le chemin d’un monde nouveau. »

Il s’agit de :

  • Proposer un récit « puissant » (Cyril Dion, Pablo Servigne) – en s’appuyant sur quelques notions qui « parlent », y compris en détournant les codes actuels de la société. 
  • Frapper les imaginaires au niveau global (seule échelle pertinente, qui permet notamment de sortir des récits portés par les états-nations)
  • Se retrouver au niveau hyper-local (seule échelle pertinente, qui permet de valoriser les savoirs et cultures locales)

L’idée

En reprenant les codes de la fête nationale du 14 juillet, jour de commémoration (recueillement, souvenir, mémoire), mais aussi de festivités (culture populaire, joie, célébration), l’idée est de s’appuyer sur « le jour du dépassement » (cette année le 29 juillet), car il met en avant la notion de biocapacité (et donc de limite planétaire), et celle d’empreinte écologique (et donc de lien avec nos modes de vie). Par ailleurs, pour les français, les dates sont assez proches pour que le parallèle soit facile à faire pour tout un chacun. Cette date présente aussi l’immense intérêt d’être « planétaire », ce qui permet d’imaginer de susciter l’envie pour des humains d’autres régions du monde de rejoindre cette initiative.

Comment ?

1. Faire mémoire ensemble

En organisant dans des lieux publics de tous les quartiers et villages une cérémonie de commémoration en l’honneur :

  • des victimes humaines des désordres écologiques et climatiques depuis le début de l’anthropocène
  • des victimes humaines des inégalités sociales et de l’exploitation engendrées par le capitalisme
  • des victimes non-humaines des désordres écologiques et climatiques, et particulièrement des espèces disparues ou en voie de disparition
  • des paysages dégradés, forêts rasées, ressources pillées
  • de nos enfants, petits-enfants et arrières-petits enfants, qui seront de toute façon victimes de ces désordres.

2. Libérer la parole

Cette cérémonie sera suivie par une agora, espace de rencontre et de dialogue entre citoyens, autour de 3 dimensions indissociables :

  • Regarder la réalité en face. Parler de ce qu’il est difficile d’affronter, individuellement et collectivement. Sortir ensemble de l’ère moderne, entrer dans l’anthropocène, « atterrir » (Bruno Latour), etc. il s’agit de PRENDRE COLLECTIVEMENT EN MAIN L’ÉVEIL DE NOS CONSCIENCES, ce qui est devenu nécessaire et urgent. On peut s’appuyer sur des témoignages, des récits, mobiliser des artistes, des conteurs, etc…
  • Prendre soin de notre humanité en transition. Que ceux qui ont franchi le cap se mettent au service de ceux qui sont encore dans le déni, la sidération, la fuite, la colère, etc. Il s’agit de PRENDRE SOIN LES UNS DES AUTRES, car nous ne vivons pas tout cela de la même manière, et que nous avons besoin que le plus grand nombre possible d’humains s’y mette. On peut mobiliser des facilitateurs, des thérapeutes, des personnes capables, de beaucoup d’empathie, etc.
  • S’ORGANISER AU NIVEAU LOCAL, AFIN DE PRENDRE NOS RESPONSABILITÉS. Mettre en place toutes formes de coopération, d’entraide, au service de la construction de demain. Convoquer le non-humain, mettre en place des « contrats naturels » locaux à partir d’un état des lieux des communs. On peut mobiliser les acteurs de la transition, les paysans, les entreprises solidaires, etc.

3. Célébrer nos différences

Cette journée qui se déroulera simultanément partout sur la planète se poursuivra en soirée par des festivités pour célébrer la Terre, ses habitants (humains et non-humains), et mettre en avant la diversité des cultures locales.

Afficher une ambition commune, développer l’identité terrienne

L’enjeu in fine est aussi de « repousser la date du dépassement » : cela veut dire qu’en participant à une telle dynamique nous donnons de la consistance à un engagement de chacun envers la communauté terrienne : participer à l’effort commun pour repousser la date du dépassement. Qui sait, cela nous permettra peut-être ainsi de mesurer, d’année en année, le chemin parcouru collectivement, et, en déplaçant la date de notre célébration planétaire, d’avoir de nouvelles raisons de célébrer !

Alors ? Est-ce que cette proposition vous parle ? N’hésitez pas à le dire en commentaires, et à rejoindre le groupe « Culture(s) Terrestre(s) » sur Facebook pour en parler !

Faire de l’échec sa force ! – Un podcast proposé par le Permacooltour


Le Permacooltour est un collectif itinérant qui réalise un tour de France des éco-lieux inspirés de la permaculture. A travers cette initiative, ces intrépides aventurièr.e.s aspirent à essaimer et à s’approprier les valeurs de la permaculture  : le respect de l’humain, le respect de la Nature et le partage équitable des ressources.

J’ai eu la chance de les côtoyer ce printemps pendant quelques semaines dans la vallée de la Drôme, où ils ont élu domicile le temps d’un re-confinement. Quelle joie de les voir s’activer, entre arbre et pirogue, et mettre leurs nombreux talents au service du monde qu’ils entendent créer !

Parmi leurs nombreux faits d’âmes, ils se sont lancés dans la réalisation d’une série de podcast, intitulée « L’Odyssée Permacurieuse ». Voici comment ils en parlent : « Des paroles de tous bords qui se mêlent pour vous transmettre leurs récits et expériences inspirantes. Ces rencontres nous ont touchées, nous avons passés quelques jours, semaines, heures avec elles dans leur cocon familial, collectif ou entreprise. Nous sommes heureux de pouvoir mettre en lumière leurs paroles, en espérant que leur témoignage vous touche ! »

Kevin m’a fait l’honneur d’un interview d’une heure, qui a donné lieu à la réalisation de ce 22ème épisode. A son invitation, j’y parle, depuis mon propre vécu, de l’expérience de l’Oasis de Serendip, cet écolieu en construction autour duquel je m’active depuis 2014. L’occasion de tirer des enseignements de ce parcours, et surtout de les partager à celles et ceux qui s’engagent sur les voies de la transition !

Si ce témoignage vous a touché, et que vous souhaitez laisser un petit mot, n’hésitez pas à le faire en commentaire. Si vous souhaitez soutenir le Permacooltour, c’est le moment de suivre ce lien !

Lettre ouverte à l’un.e de mes dernièr.e.s ami.e.s cornucopien.ne.s

Bonsoir mon ami.e,

Une nouvelle décennie s’ouvre, et pour notre génération comme pour celle de nos parents, l’avenir n’a jamais paru aussi incertain. Le monde lui-même, ou en tout cas notre perception de celui-ci, a changé tellement vite en 10 ans que la plupart d’entre nous en sommes aujourd’hui stupéfaits, interloqués, abasourdis… et désemparés.

En 2011, nous sortions à peine du Grenelle de l’environnement, qui marquait les premiers engagements de l’état en faveur de l’écologie. Les discussions sur les changements climatiques étaient réservées aux colonnes de quelques journaux spécialisés. Tout le monde se souvenait de la canicule de 2003 comme d’un événement singulier et isolé. Le dernier score du parti des Verts à une présidentielle était de 1,57%.

A cette époque, j’étais pétri de certitudes : celles qui me poussaient à me lever le matin en me demandant pendant combien de temps encore mes contemporains allaient rester aveugles devant le spectacle de la vie sur Terre qui se meurt, et sourds aux cris des lanceurs d’alerte qui se mobilisaient, parfois depuis déjà plus de 15 ans. Tu en riais, et tu te moquais (gentiment), me comparant au prophète de l’apocalypse dans « l’étoile mystérieuse » de Tintin.

Pourtant, les occasions étaient nombreuses de « passer le cap » : je me souviens notamment de cette enfilade de documentaires jusqu’à en avoir la nausée : « Nos enfants nous accuseront » et « Le monde selon Monsanto » en 2008, « Home » et « Le syndrome du Titanic » en 2009, « Notre poison quotidien » et « Solutions locales pour un désordre global » en 2010… Il en aura fallu du temps et des kilomètres de rushs pour amorcer ce mouvement de transition !

Et puis tout s’est accéléré. De marginales, les questions écologiques sont devenues de plus en plus centrales. Pour beaucoup, l’année 2015 a été une année charnière, un point de bascule, et une étape a été franchie. Au point que presque plus personne aujourd’hui n’ose contester (au moins publiquement) les chiffres de la catastrophe globale dans laquelle nous sommes plongés, ni refuser les projections des scientifiques du GIEC et des autres instances internationales travaillant sur les sujets de biodiversité, de disparition des sols ou de climat.

Alors je m’interroge. Tu as vu tellement de personnes bouger autour de toi, se laisser toucher, parfois par les faits, au travers des reportages, des rapports, des chiffres, à l’occasion d’un voyage, ou au travers des fictions, des récits qui ouvrent nos imaginaires. Mais tu t’obstines. Tu t’accroches. Tu négocies. « Ça ne peut pas être aussi grave ». « On a toujours réussi à s’en sortir par le passé ». « Tout ça, c’est la faute de ….. » (tu peux mettre ici le bouc émissaire que tu veux).

Oui, ça fait peur. Non, les humains ne sont pas prêts pour le moment à oeuvrer collectivement pour « renverser la vapeur ». Et oui, notre quotidien et celui de nos enfants, de nos petits-enfants et probablement d’autres générations encore sont en train d’être bouleversés. ça fait peur, mais t’enfermer dans le déni ne changera rien à la situation, et si tu ne bouges pas, c’est bientôt toi qui sera marginalisé (note que tu pourras toujours créer un club avec Donald Trump et Pascal Praud 😉 ).

Viens, on en parle. L’heure est trop grave pour les excès d’orgueil, et on se fout de savoir qui a accepté de regarder la réalité en face le premier. La situation évolue tellement vite que nous n’avons que le temps de panser nos blessures à l’âme, faire ensemble le deuil de la modernité, et marcher ensemble, un pied devant l’autre pour apprendre la sobriété, et tenter de réparer ce qui peut encore l’être. Pour nous. Pour nos enfants. Pour toutes les formes de vie sur Terre.

N’attends pas encore 10 ans. Appelle-moi.

Défis systémiques, réponses systémiques : l’agroécologie, une solution innovante pour garantir la sécurité alimentaire face aux changements climatiques

J’ai participé cette année en tant qu’expert scientifique, pour le compte de l’association Biovallée, à un travail d’échange animé par l’ONG TMG Research entre acteurs locaux des questions de sécurité alimentaire du monde entier, ONGs et chercheurs, qui a conduit à la rédaction collective d’un rapport sur la place de l’agroécologie dans les stratégies d’adaptation au réchauffement climatique. Je vous propose ici la lecture de la traduction de l’article publié par TMG-Think Tank for Sustaniability à l’occasion de la publication du rapport éponyme.

Les liens vers le rapport complet (en anglais) ainsi que les études de cas (dont celle de Biovallée, en anglais égalgement) se trouvent à la fin de l’article.

« Cultivez, nourrissez, soutenez. Ensemble. »

Nous vivons une époque sans précédent. Il n’est donc pas étonnant que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) appelle à autre chose qu’une action ordinaire alors que nous commémorons la Journée mondiale de l’alimentation de cette année.

2020 restera ancrée dans notre mémoire collective alors que l’année où la pandémie a changé notre monde. Le COVID-19 a gravement affecté la vie et la santé des personnes sur tous les continents, a montré les faiblesses de nos systèmes de santé et démontré à quel point les vulnérabilités de notre monde sont interconnectées. Pour certains, le «travail à domicile» a été un moment de paix et de réflexion bienvenu, pour beaucoup il a apporté de nouveaux défis de combiner travail, scolarisation à domicile des enfants tout en vivant dans de petits appartements. Mais pour des milliards de personnes sans filet de sécurité sécurisé, en particulier dans les pays du Sud et dans les pays industrialisés sans filets de sécurité sociale solides, cela a entraîné une peur et une incertitude croissantes, la perte de moyens de subsistance et la perspective très réelle d’une faim croissante.
Même avant la pandémie, nos systèmes alimentaires étaient déjà confrontés à un stress sévère en raison des impacts du changement climatique accéléré et du manque de volonté de transformer fondamentalement les systèmes économiques qui continuent de saper la base même de notre survie. En ce sens, cette Journée mondiale de l’alimentation 2020 pourrait devenir un test de notre détermination à véritablement sauvegarder le droit humain à l’alimentation.

La faim augmente

L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2020 a signalé que 690 millions de personnes – près de 9% de la population mondiale – souffraient de sous-alimentation chronique en 2019. Ces chiffres contrastent fortement avec l’augmentation significative de la production alimentaire dans la plupart des régions du monde au cours des cinq dernières décennies. Ce que cela nous dit, c’est que l’augmentation de la production alimentaire ne s’est pas traduite par une sécurité alimentaire pour tous. Le Rapport mondial sur les crises alimentaires 2020 a signalé le plus grand nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë jamais enregistré en 2019. 135 millions de personnes dans 55 pays et territoires avaient besoin d’une aide alimentaire urgente en raison de conflits, de conditions météorologiques extrêmes, d’épidémies de ravageurs ou de chocs économiques. L’analyse mise à jour de septembre 2020 sur la sécurité alimentaire en période de COVID-19 met en évidence que la pandémie a eu un effet aggravant sur les facteurs préexistants de l’insécurité alimentaire, principalement en raison du déclin de l’activité économique. Il révèle en outre que de nombreuses mesures prises pour empêcher la propagation du COVID-19 ont provoqué un choc soudain sur les moyens de subsistance dans les zones urbaines. Alors que les effets pour les ménages agricoles ont été moins immédiats, le plein impact devrait continuer à se manifester par une catastrophe à évolution lente au cours des prochaines saisons agricoles, en fonction de nouvelles perturbations des chaînes d’approvisionnement et des systèmes alimentaires.

Nos systèmes alimentaires: face à de multiples crises

Nos systèmes alimentaires ne sont pas équipés pour faire face aux défis croissants que le changement climatique leur pose; encore moins pour faire face à plusieurs crises à la fois. En fait, les systèmes alimentaires actuels sapent la base même de leur propre résilience. Si la modernisation de l’agriculture a contribué à augmenter les rendements, elle est également reconnue comme un contributeur majeur à la dégradation des écosystèmes naturels et des divers services écosystémiques qu’ils fournissent. Il existe des preuves accablantes que les modèles de production agricole actuels accélèrent la perte de biodiversité et sont responsables de la majorité des émissions de gaz à effet de serre résultant du changement d’utilisation des terres, de la dégradation des terres et de l’utilisation non durable des ressources en eau douce.
Le changement climatique, à son tour, ajoute encore aux risques pour nos systèmes alimentaires. Des régimes pluviométriques plus irréguliers, des événements météorologiques extrêmes plus fréquents, la hausse des températures ont tous un impact sur la capacité de nos systèmes alimentaires à continuer à produire des récoltes suffisantes pour nourrir le monde. Si les taux actuels d’émissions de gaz à effet de serre se maintiennent, on estime que d’ici 2050, il y aura une baisse moyenne de 17% de la production de quatre grandes cultures céréalières qui fournissent la nourriture de base à des milliards de personnes (céréales secondaires, graines oléagineuses). , blé et riz).
Le statu quo n’est plus une option. L’urgence et la complexité des défis auxquels nous sommes confrontés appellent des solutions audacieuses et innovantes. Nous devons surmonter la vieille compréhension selon laquelle des innovations technologiques étroites ne s’adressant qu’à de petits segments des systèmes éco-agroalimentaires complexes fournissent les solutions nécessaires. Le changement climatique affecte toutes les parties de notre système alimentaire et nécessite une réponse systémique. Sinon, les externalités négatives de l’action dans un secteur pourraient avoir un impact négatif sur un autre. Nous proposons de combiner les principes agroécologiques avec l’innovation sociale et les technologies appropriées pour relever les défis qui nous attendent de manière systémique.

L’agroécologie: une solution innovante à des défis complexes

Les impacts du changement climatique sur les systèmes alimentaires sont complexes et posent des défis au système dans son ensemble. Une crise sanitaire mondiale sans précédent a révélé de nouvelles vulnérabilités de nos systèmes alimentaires en restreignant considérablement l’accès à la nourriture, à la fois en raison du verrouillage et de la perte de sources de revenus pour beaucoup (voir ici et ici).

Photo by wilsan u on Unsplash

Assurer une réponse appropriée à une crise alimentaire qui s’aggrave, qui affecte de manière disproportionnée des groupes de population déjà vulnérables (voir ici et ici), appelle à une action déterminée sur le changement climatique. Cela signifie que nos programmes d’adaptation et d’atténuation du changement climatique doivent prendre en compte la complexité des défis sous-jacents. Au cœur de cette réponse systémique se trouve un besoin urgent de renforcer la résilience des petits agriculteurs, des sans terre, des migrants, des citadins pauvres et d’autres groupes vulnérables, pour résister aux multiples crises auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui. L’agroécologie offre une réponse d’adaptation systémique qui va au-delà des solutions technologiques pour s’attaquer aux moteurs sociaux et économiques sous-jacents qui contribuent à l’insécurité alimentaire.

Innover l’adaptation grâce à l’agroécologie

Afin d’explorer les promesses de l’agroécologie en ces temps incertains, TMG Research et ses partenaires ont convoqué un vaste processus de consultation qui a passé en revue les preuves disponibles sur la contribution de l’agroécologie à l’adaptation au changement climatique et à la résilience*. le lien qu’il établit entre la production alimentaire et le capital naturel et social sous-jacent qui sous-tend les systèmes alimentaires résilients. Les consultations ont conclu que l’agroécologie offre donc une solution concrète aux besoins d’adaptation d’aujourd’hui en encourageant des solutions locales pour une meilleure résilience. Les participants ont en outre souligné que, compte tenu de la dynamique complexe et spécifique au contexte entre le changement climatique et les systèmes alimentaires, il est nécessaire d’adapter à la fois la recherche et les investissements à différents contextes. Cela nécessite également de reconnaître la contribution des différents systèmes de connaissances dans la recherche de solutions appropriées, en particulier au niveau local.

Publié aujourd’hui, le document de travail qui en résulte «Défis systémiques, réponses systémiques: Innover l’adaptation au changement climatique grâce à l’agroécologie» présente un ensemble de messages clés qui ont émergé de ces consultations:

1. Pour être innovants, les efforts d’adaptation doivent répondre aux défis systémiques posés par le changement climatique à nos systèmes alimentaires.

2. Les divers systèmes agricoles sont moins vulnérables aux événements climatiques extrêmes, à la variabilité du climat et aux changements agro-climatiques cumulatifs.

3. Pour renforcer la capacité d’adaptation des moyens de subsistance ruraux, il est nécessaire de coupler les innovations technologiques et les améliorations des pratiques agricoles, avec des investissements dans le capital social, la co-création de connaissances avec les agriculteurs, de nouveaux réseaux de commercialisation et une gouvernance responsable des terres et des ressources naturelles.

4. Des approches de mesure intégrées, telles que la véritable comptabilité analytique, sont nécessaires pour saisir tous les facteurs qui contribuent à la résilience des systèmes alimentaires au climat.

5. Innover pour s’adapter au changement climatique ne demande rien de moins que de transformer nos systèmes alimentaires.

Ces messages soulignent le besoin urgent d’investir dans des réponses systémiques pour transformer nos systèmes alimentaires, y compris des investissements dans un environnement favorable qui permet aux innovations technologiques et sociales de profiter aux communautés en situation d’insécurité alimentaire.

*Le processus de consultation a été financé et mis en œuvre au nom du ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ) et de l’Agence allemande pour la coopération internationale (GIZ).

Pour en savoir plus sur les problèmes mis en évidence lors des consultations, ainsi que sur les preuves sous-jacentes à ces messages, consultez le document complet ici. Nous avons également publié ici une série d’études de cas sur des initiatives réussies.

Pour participer à nos discussions sur la sécurité alimentaire et Covid-19, suivez-nous sur Twitter: https://twitter.com/CovidFoodFuture